Expériences

« Il ne connaissait rien à ce domaine, ce fut sa chance, car il était libre de tout repère ! » Charlot et le cinéma

Bernard GRAC Européen, né Français.

La vie est-elle un long fleuve tranquille ?

Côte d’Ivoire, Var, Guyane, Var, Luxembourg, Paris, La Réunion, Maurice, Ile de la Réunion… souvent précurseur et inspirateur pour une concurrence exacerbée, peu inspirée, le temps semble être venu d’innover une dernière fois, et de transmettre cette nouvelle opportunité à bon escient.

Cette présentation, un peu longue, n’a qu’un but, démontrer un sentiment passionnel pour l’inédit dans le développement économique endogène, et en apporter la preuve, tout simplement. Merci à tous ceux qui voudront m’aider à me rendre utile, s’ils le jugent.


1ère partie – Côte d’Ivoire

1964/65 –  18 ans – Employé comme caissier principal aide comptable, aux Établissements A. De Tessières, un des plus importants comptoir de négoce : Papeterie, quincaillerie, articles ménagers, assurance, et Consul de Suède. implantation dans 5 villes, quelques 250 personnes, dont une trentaine d’expatriés.

Missions : Tenues des journaux de caisse et de banque, comptes clients avec soldes et recouvrements, rédaction des bulletins de paie du personnel local. Contenu du coffre fort, 20 millions CFA maximum, soit quelques millions d’euros aujourd’hui ! Salaire 65 000 FCFA.

1965/67 – Service militaire à Port Bouet (Abidjan) affecté aux « Transmissions » et « Chiffres« .

1967/1969 – Employé à COGEDRO ( Maison mère à Dakar), Droguerie en gros, avec contrat d’expatrié comme responsable commercial, chargé des commandes à l’importation, transit, PR/PV, gestion des stocks, lancement de nouveaux produits, marketing, packaging et merchandising, alors que ces termes n’existaient pas encore. Distribution et tournée régulière dans tout le pays, clientèle : collectivités, épiceries et supermarchés, entreprises du bâtiments, industrie, agriculture, menuiseries, transport…  Je dispose d’une grande autonomie, et j’ai toutes initiatives pour gérer « ma » stratégie de ventes, créer de nouveaux produits. Stage chez GARNIER (L’Oréal).

1969/70 – Expatrié comme commercial à la SARD, objectif atteint après seulement 3 mois, malgré un salaire 11 fois supérieur au SMIC métropolitain de l’époque (7000F contre  600F), avec un contrat de 10 mois et deux mois de congés, plus logement, véhicule, voyage, soins médicaux ; « bridé », je démission au bout d’un an pour me mettre à mon compte.


CRÉATION – DÉVELOPPEMENT – REPRISE – FUSION – ABSORPTION

1970 – Création de CODIME : agent de marques. Je fais découvrir à la Côte d’Ivoire le carrelage décoré italien, les tondeuses à gazon électrique belge, la quincaillerie allemande HAFELE, les Papiers peint français, INALTERA…

Parallèlement, avec mon ami Philippe GARCIA nous rachetons une des premières carrosseries  « ABIDJAN CARROSSERIE », tôlerie peinture. Immédiatement je révolutionne le marché en mettant à la disposition des clients 4 véhicules -neufs – de courtoisie. Six mois après, alors que le CA est passé de 1 à 5 millions, l’usine voisine de matelas polyuréthane prend feu et détruit la totalité de l’atelier. Sans expérience juridique et contentieuse je vais maintenir à flot, dans des conditions périlleuses, cette activité qui m’oblige à délaisser celle de représentation de marques, sauf le carrelage. Les vaches maigres vont durer 4 longues années.

1974 – Rachat des parts détenues par Philippe Garcia
1975 – J’investis un modeste héritage dans la construction d’un nouveau bâtiment pour le garage, dans la nouvelle zone industrielle de Vridi (Abidjan), avec en plus de la tôlerie peinture, l’électricité, la mécanique, et la réparation maritime. « Abidjan carrosserie » devient ATMCI. Avec mon ami Richard MARTORELLE, nous achetons trois engins de levage, Hyster et Fenwick, qui sont loués aux compagnies maritimes pour décharger les navires.

 

 

1976 – Création en Mai d’INTECOM polyester. De retour d’un voyage aux États-Unis je souhaite transposer une idée prise là bas. En dépit d’une étude de marché négative des carrosseries en polyester pour les pick-up sont réalisés. Le succès est au rendez vous ! En 5 ans INTECOM devient un complexe industriel dans le domaine du Plastique armé, avec une vintaine de coprs de métiers différents, particulièrement innovant et audacieux , tourné vers l’Avenir (informatisé, radio téléphone..), sur le long terme, s’inspirant des méthodes japonaises d’alors. La promotion pour ce nouveau matériau,  contribuera à créer des centaines d’emplois, et favorisera indirectement l’économie informelle,  sur le bord des routes menant aux plages, notamment.

1976 – Fête de l’OUA au Gabon – J’introduis le carrelage italien, en deux importations osées, face à une seule marque présente sur le marché, Villeroy et Boch.

1978 – Mise en gérance de ATMCI

1980 – Vente du bâtiment ATMCI et Rachat de SOCAMEF, carrosserie industrielles de POIDS LOURDS, bois et bâches, et absorption d’UNIMPEX, chaudronnerie et châteaux d’eau en polyester.

R & D avec INGÉNIERIE DE PROJETS & PROMOTION INDUSTRIELLE du POLYESTER

19791980 – Investissement dans l’immobilier, hangar de stockage de produits de café/cacao de 5000 M2,  avec mon ami Simon TIMXIT.

Études  & rachats d’unités industrielles, l’usine SIPOREX, face à la famille amie OMAIS, nous échappera. Salut Fouad !

1 981 – Invité par l’Ecole supérieur des Ingénieurs lors de journées sur les freins liés au développement, et de la remise d’un « Livre Blanc » édité par le Ministère du Plan, l’idée née d’offrir des unités industrielles à des ivoiriens via un transfert progressif du capital.

A cet effet « INTECOM INGÉNIERIE DEVIENT HOLDING ET PORTEUSE DE 5 UNITÉS INDUSTRIELLES  AVEC TRANSFERT PROGRESSIF DU CAPITAL, avec l’édition de cette plaquette explicative.

Négociation de joint venture avec : Rhone Poulenc, Bayer, PUK, Stratinor, Mecelec, Petijean, Matal, Thomson-Brandt, Yachting France, Bernard Bulher, CAZAUX à Dax, Carrier, Benne Marrel, Teilhol…

1981/82 – En pleine crise économique, le « Groupe » INTECOM décolle et rachète ANCI, troisième chantier naval de l’ouest africain, possédant sur 10 000 M2, deux slips, un de 350T, l’autre de 150T, pour 250 millions CFA, pour un chiffre d’affaires de 6 millions par mois qui accuse une perte mensuelle de 6 millions ! En 17 mois, le « groupe » INTECOM se saigne, en l’absence de financement bancaire ( je finance à 90% les investissements), pour passer de 6 millions à 80 millions par mois, sous la gestion de Richard MARTORELLE, devenu depuis 1977, mon associé.  A l’occasion d’une marée noire nous deviendrons le troisième constructeur mondial de barrage flottant anti pollution !

Courant 1982, les expertises GALTIER, la référence en la matière, estime que le groupe « INTECOM » vaut plus d’un milliard CFA. Son dynamisme est reconnu par les autorités ivoiriennes, les missions étrangères et notamment les experts de l’ONUDI, toujours à la l’affût d’idées.  Cité régulièrement dans la presse spécialisée « Marchés tropicaux », INTECOM est devenu le plus important complexe industriel dans le polyester d’Afrique, ses fabrications « maisons » sont à très forte valeur ajoutée et pourtant très compétitives sur le marché des produits de substitutions, ou novateurs ( carrosseries, mobilier urbain, kiosques, panneaux de façade, enseigne, baraque de chantier, chaudronnerie, assainissement, chateaux d’eau …) et touche tous les domaines exploitables et font une large place à ma créativité. INTECOM fera partie d’une délégation d’industriels invités par Bordeaux .

Interruption brutale de ce développement audacieux, contraire aux intérêts économiques de la France. ANCI gagne par trimestre 50 millions CFA et « prend » 80 millions de chiffre d’affaires par mois au 1er chantier naval d’Afrique, CARENA, en Côte d’Ivoire, filiale des Chantiers de l’Atlantique, à Saint-Nazaire, aujourd’hui STX. Cette impudence est inadmissible et les réseaux politiques interviennent rapidement, à leur tête un certain Jacques FOCCART, monsieur AFRIQUE. La spoliation est à qualifier de « captation d’Etat« .

1982/1983 –  Cette « captation d’Etat » a creusé un trou de plus d’une centaine de millions dans la trésorerie d’INTECOM. En douze mois, les mesures draconiennes prises permettent de combler ce déficit et sonne la fin de la récréation, pour moi. En dépit des circonstances désavantageuses je ne remets pas à plus tard le projet de rentrer en France, la scolarité de mes enfants m’importe plus. Cette décision sera très lourde de conséquence.

1984 – Bref passage en Côte d’Ivoire, malgré une situation délicate et précaire dans le Var, je refuse de reprendre les rênes de cette fantastique entreprise de polyester et me considère comme dissident économique.  Maurice Chavane, notre directeur financier va en profiter pour récupérer ce merveilleux outil de travail, véritable pépite. Il s’inspirera de cette épopée audacieuse, et toute sa vie il saura en tirer profit , et s’en inspirera !  Bye Bye la Côte d’Ivoire.

La Côte d’Ivoire compte alors, en pourcentage du nombre de ses habitants, le nombre de « stratifieurs » le plus élevé de la planète. Plus de trente ans après, la promotion du « phénomène-matériau » fait toujours « école » et dégage des retombées positives.